Droits de succession 2026 : le barème, les abattements et comment les réduire
Combien l'État prélève sur un héritage en 2026 : l'abattement de 100 000 euros par enfant, l'exonération totale du conjoint, le barème de 5 à 45 % en ligne directe, et les taux qui montent à 55 ou 60 % pour les neveux et les tiers. Un exemple chiffré et les leviers légaux pour alléger la note. Chiffres 2026 sourcés.
Quand une personne décède, l'État prélève sa part avant que les héritiers ne touchent la leur. Combien ? Cela dépend d'un seul paramètre avant tout : le lien de parenté. Un enfant hérite avec un abattement de 100 000 euros et un barème qui commence à 5 % ; un neveu est taxé à 55 %, un concubin à 60 %. Voici le barème 2026 en clair, un exemple chiffré, et les leviers légaux pour que l'État en prenne le moins possible.
1. Qui paie, qui ne paie pas
Le premier réflexe est de croire que l'héritage est taxé selon son montant. C'est faux : il est d'abord taxé selon qui hérite.
- Le conjoint marié et le partenaire de PACS sont totalement exonérés, sans plafond, depuis la loi TEPA de 2007. Un époux qui hérite de son conjoint ne paie rien. Attention toutefois : le partenaire de PACS n'est pas héritier légal ; sans testament, il ne reçoit rien.
- Les enfants (et les parents qui héritent d'un enfant) relèvent de la ligne directe : abattement de 100 000 euros, puis un barème doux.
- Les frères et sœurs, neveux, nièces, et surtout les tiers (dont le concubin non pacsé) subissent des abattements faibles et des taux qui grimpent vite. C'est là que se joue l'essentiel des drames successoraux.
2. Les abattements 2026, par lien de parenté
L'abattement est la part qui échappe entièrement à l'impôt. Il s'applique à ce que reçoit chaque héritier, pas à la succession globale.
- Enfant (de chaque parent) : 100 000 euros.
- Conjoint marié, partenaire de PACS : exonération totale (pas de plafond).
- Petit-enfant venant en représentation d'un parent décédé : 1 594 euros.
- Frère ou sœur : 15 932 euros.
- Neveu ou nièce : 7 967 euros.
- Tiers (concubin, ami, personne sans lien de parenté proche) : 1 594 euros.
- Héritier en situation de handicap : un abattement supplémentaire de 159 325 euros, qui se cumule avec celui de son lien de parenté.
Ces montants sont gelés jusqu'en 2028 : ils ne suivent pas l'inflation, ce qui alourdit mécaniquement l'impôt réel au fil des années.
3. Le barème en ligne directe (enfants et parents)
Une fois l'abattement retranché, la part taxable de chaque enfant est soumise à ce barème progressif, inchangé depuis 2014 :
- Jusqu'à 8 072 euros : 5 %
- De 8 072 à 12 109 euros : 10 %
- De 12 109 à 15 932 euros : 15 %
- De 15 932 à 552 324 euros : 20 %
- De 552 324 à 902 838 euros : 30 %
- De 902 838 à 1 805 677 euros : 40 %
- Au-delà de 1 805 677 euros : 45 %
La tranche à 20 % est de loin la plus fréquente : elle couvre les parts taxables de 16 000 à 552 000 euros, c'est-à-dire la quasi-totalité des successions familiales.
Pour les frères et sœurs, le barème est différent : 35 % jusqu'à 24 430 euros de part taxable, 45 % au-delà. Pour les neveux et nièces, c'est 55 % sur toute la part taxable. Pour les tiers, 60 %. Un frère célibataire, veuf ou divorcé, âgé de plus de 50 ans ou infirme, qui vivait avec le défunt depuis au moins cinq ans, peut toutefois être totalement exonéré.
4. Un exemple chiffré
Une succession de 400 000 euros partagée entre deux enfants.
- Chaque enfant reçoit 200 000 euros.
- Abattement de 100 000 euros : la part taxable tombe à 100 000 euros par enfant.
- Barème appliqué à 100 000 euros : environ 18 194 euros de droits par enfant.
- Total pour la famille : environ 36 400 euros, soit un taux effectif de l'ordre de 9 %.
Le même héritage laissé à un neveu serait taxé à 55 % après un abattement de 7 967 euros, soit plus de 105 000 euros de droits sur 200 000 euros reçus. La leçon est brutale : à patrimoine égal, l'impôt dépend d'abord de la personne à qui l'on transmet, et de ce qu'on a anticipé.
5. Réduire la note, légalement et sans montage
Aucun de ces leviers n'est une astuce : ce sont des dispositifs prévus par la loi, à anticiper des années à l'avance.
- La donation de son vivant. Chaque parent peut donner 100 000 euros par enfant tous les 15 ans en franchise de droits, en réutilisant l'abattement à chaque cycle. Donner tôt et régulièrement est le premier outil de transmission. Une exonération temporaire existe même pour les dons destinés à un logement : nous la détaillons dans notre article sur la donation de 100 000 euros pour un logement.
- L'assurance-vie. Pour les primes versées avant 70 ans, le capital transmis au décès échappe aux droits de succession classiques à hauteur de 152 500 euros par bénéficiaire (article 990 I du Code général des impôts). C'est l'outil le plus efficace pour transmettre un capital à un enfant, mais aussi à un tiers ou à un concubin qui serait sinon taxé à 60 %. Sa place parmi les enveloppes est traitée dans notre comparatif assurance-vie ou PEA.
- Le démembrement de propriété. Transmettre la nue-propriété d'un bien de son vivant, en conservant l'usufruit, réduit fortement la base taxable : seule la nue-propriété est taxée, à une valeur décotée selon l'âge du donateur. Au décès, l'usufruit s'éteint sans droits supplémentaires.
Ces stratégies se combinent et supposent, toutes, l'accompagnement d'un notaire. Le meilleur moment pour les mettre en place, c'est tôt.
6. Si la succession est internationale
Dès qu'un défunt, un héritier ou un bien se trouve hors de France, les règles changent : la loi applicable, la convention fiscale et le risque de double imposition entrent en jeu. Un expatrié qui transmet, ou un héritier résidant à l'étranger, ne relève pas seulement du barème décrit ici. C'est un sujet à part entière, traité sur notre site sœur Patrimoine International. Tant que tout se passe en France, les règles ci-dessus s'appliquent.
Questions fréquentes
- Quel est l'abattement sur les droits de succession en 2026 ?
- En ligne directe, chaque enfant bénéficie d'un abattement de 100 000 euros sur la part qu'il reçoit de chaque parent. Le conjoint survivant et le partenaire de PACS sont totalement exonérés de droits de succession, quel que soit le montant. Les autres abattements sont plus faibles : 15 932 euros entre frères et sœurs, 7 967 euros pour un neveu ou une nièce, 1 594 euros pour un tiers, et un abattement supplémentaire de 159 325 euros pour un héritier en situation de handicap. Ces montants sont gelés jusqu'en 2028.
- Quel est le barème des droits de succession en ligne directe ?
- Après abattement, la part taxable de chaque enfant est soumise à un barème progressif : 5 % jusqu'à 8 072 euros, 10 % de 8 072 à 12 109, 15 % de 12 109 à 15 932, 20 % de 15 932 à 552 324, 30 % de 552 324 à 902 838, 40 % de 902 838 à 1 805 677, et 45 % au-delà. La tranche à 20 % couvre la très grande majorité des successions. Le barème n'a pas été modifié depuis 2014.
- Le conjoint paie-t-il des droits de succession ?
- Non. Depuis la loi TEPA de 2007, le conjoint marié survivant et le partenaire de PACS sont totalement exonérés de droits de succession sur ce qu'ils héritent, sans plafond. Attention : le partenaire de PACS n'est pas héritier légal, il faut un testament pour qu'il reçoive quelque chose. Le simple concubin, lui, n'a ni ce statut ni cette exonération : il est traité comme un tiers, taxé à 60 % après un abattement de 1 594 euros.
- Combien paient des enfants sur un héritage de 400 000 euros ?
- Sur une succession de 400 000 euros partagée entre deux enfants, chacun reçoit 200 000 euros. Après l'abattement de 100 000 euros, la part taxable est de 100 000 euros par enfant. Le barème progressif aboutit à environ 18 194 euros de droits par enfant, soit près de 36 400 euros au total, un taux effectif d'environ 9 %. Le même héritage laissé à un neveu serait taxé bien plus lourdement, à 55 % après un abattement de 7 967 euros.
- Comment réduire légalement les droits de succession ?
- Trois leviers principaux, tous parfaitement légaux. La donation de son vivant, qui permet d'utiliser l'abattement de 100 000 euros par parent et par enfant tous les 15 ans. L'assurance-vie, dont le capital transmis échappe aux droits classiques à hauteur de 152 500 euros par bénéficiaire pour les primes versées avant 70 ans. Et le démembrement de propriété, qui transmet la nue-propriété d'un bien à moindre coût. Ces stratégies se combinent et s'anticipent ; elles supposent l'accompagnement d'un notaire.
Cet article est une explication générale, pas un conseil personnalisé. Votre situation dépend de votre résidence fiscale, de votre régime matrimonial et de vos objectifs : faites-la valider par un notaire, un avocat fiscaliste ou un conseiller en gestion de patrimoine.